SDF au Tribunal de Dax
Un avocat membre du Parti Radical de Gauche défend les intérêts du Maire UMP de Dax, Jacques Forté. Hélène Cousseau, avocate au barreau de Dax, pour la défense. Par Yazmin Menanteau.
Lundi 23 avril, après une soirée électorale encore dans l’air, la présidente du TGI de Dax, Madame Danchaud, insiste lourdement sur le caractère non politique de l’audience. Agacée par la présence de tant de monde, aussi bien dans la salle d’audience, que dans l’anti-chambre et à l’extérieur, elle décide de passer le dossier Don quichottes de l’Adour en dernier. Ainsi comptait-elle sur la fatigue des uns et des autres, pour dégager les lieux. Parmi le public une classe d’élèves de quatrième, venue spécialement de Saint Vincent de Tyrosse. Au préalable les élèves avaient travaillé sur les raisons du mouvement des SDF. Ils assistent à l’audience afin de compléter leur travail pédagogique. Ils sont partis déçus à 16h30, sans savoir quel procès a été fait aux Don Quichotte de l’Adour.
A 13h30 tout le monde était là y compris Maître Frédéric Lonné, avocat du Maire de Dax. Son appartenance au Parti Radical de Gauche (PRG) est notoire, beaucoup moins celle de défenseur des intérêts de Jacques Forté maire UMP de la ville thermale. « Le Maire m’a demandé seulement aujourd’hui, en fin de matinée de m’occuper de cette affaire » De toute évidence il ne connaissait pas le dossier, cependant on lui avait dit qu’il « devait charger sur Emmanuel Klein » D’ailleurs sur son dossier est écrit au feutre noir SDF/Klein. En revanche il connaissait très bien l’ordre de passage puisqu’il n’est revenu qu’à 17h30 !
Maître Lonné prépare sa plaidoirie au moment où la présidente appelle les prévenus à la barre. Le temps de décliner les identités, les charges, les questions individuelles, Maître Lonné griffonne à la hâte sur une feuille. De moqueries indécentes en rodomontades, il expose ses arguments pour dénigrer l’action militante du groupe, en insultant particulièrement Emmanuel Klein. En revanche, il n’a pas du tout écouté les recommandations de la Présidente qui voulait éviter le caractère politique de l’affaire. Maître Lonné s’enferre dans des clichés, des formules politiciennes, en annonçant déjà un 3ème tour dans la rue, seule tribune pour ceux qu’il qualifie « d’adolescents attardés ». Maître Lonné se permet aussi de parler du Che Guevara et des révolutionnaires, comme s’il savait ce que révolutionnaire veut dire.
A la défense Maître Hélène Cousseau est choquée par les propos de son confrère mais elle le remercie de lui tendre la perche concernant le caractère politique du procès. « Oui Madame la présidente, le problème du logement est un problème politique, d’ailleurs le gouvernement actuel a adopté une loi pour le logement opposable et prit des mesures sur toute la France en faveur des personnes sans abris » « mesures qui n’ont pas été suivies de fait à Dax » « Dax une ville thermale, où les emplois sont saisonnier enclins à la précarité ». Maître Cousseau dans sa plaidoirie à restitué le contexte dans lequel s’est déroulé la prise de l’école Sainte Marie. Maître Hélène Cousseau plaide la relaxe. Elle dénonce la pénalisation systématique de la misère, du mépris des autorités locales envers des citoyens en difficulté. Elle conteste les peines préconisées par le procureur de la république. Dans la salle, les prévenus, le public et les amis sont émus par les mots de Maître Hélène Cousseau. Jamais les SDF n’avaient été soutenus si brillamment publiquement. Le silence est total pendant sa plaidoirie. Maître Cousseau dit de façon simple et raffiné le mal que l’on peut faire aux plus démunis sous des prétextes fallacieux. Elle interpelle les autorités locales qui n’ont pas été capables d’apporter une solution au problème. Ils sont restés indifférents à toutes les sollicitations de la part du mouvement.
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