Logement social

Tribune libre : Jean-Philippe Gasparotto. Animateur du collectif « Pas touche au Livret A » et secrétaire général de l’Union des syndicats CGT du groupe Caisse des dépôts.
- Le logement social dans la moulinette de la crise financière, par L’Humanité.
Les développements récents de la crise financière en Europe ne peuvent faire oublier la triste réalité de la situation du logement en France, d’autant que, quelque part, elles sont liées par des causes communes, la crise américaine ayant été déclenchée par le problème des crédits hypothécaires immobiliers consentis aux ménages modestes et gagés sur la croissance virtuelle de la valeur du bien immobilier acquis… On connaît la suite. La crise du logement en France a aussi pour fondement une dérive spéculative de l’ensemble du secteur immobilier : qu’il s’agisse des promoteurs, des financeurs ou des administrateurs de biens… Les données françaises de la situation du logement sont connues : plus de 3 millions de mal-logés ; des centaines de milliers de sans-logis ; près de 1,3 million de demandeurs de logements sociaux, accélération spectaculaire des expulsions locatives… Le tout agrémenté d’une croissance considérable des dépenses de logement des ménages (47 % en cinq ans).
Face à cette réalité, les gouvernements Raffarin, Villepin et Fillon ont empilé les effets d’annonce : maison « Borloo » à 100 000 euros, maison Boutin à 15 euros par jour, plan Borloo lancé fin 2003 de 500 000 logements en cinq ans, loi ENL, puis loi DALO (droit au logement opposable) en 2007… De fait, malgré deux années consécutives de hausse de la construction, le parc HLM, du fait des effets immédiats des démolitions, n’a pas augmenté et demeure figé à 4,2 millions de logements… alors que le besoin est évalué à 1 million de logements sociaux supplémentaires.
Le gouvernement actuel continue de multiplier les mesures incohérentes, perdues entre le slogan présidentiel d’une France de propriétaires (développement de la vente des logements sociaux aux locataires HLM) et le sauvetage de promoteurs immobiliers aventureux (annonce récente du rachat par la CDC et les organismes HLM de 30 000 logements en VEFA). Quant à la loi de modernisation de l’économie votée en août dernier, qui prévoit la privatisation de la distribution du Livret A et la fin de la centralisation des fonds à la CDC, elle risque fort d’entraîner un tarissement des ressources disponibles pour financer le logement social ; c’est en effet cette épargne populaire qui, centralisée et sécurisée par la Caisse des dépôts, a permis le financement de 80 % du parc social actuel.
La « nouvelle loi Boutin », mise en débat au Sénat en octobre prochain, risque d’aggraver encore la situation : elle prévoit d’inclure les logements en accession sociale dans le quota de 20 % de logements prévus par la loi SRU, de faciliter les expulsions, d’annexer les fonds du 1 % logement…
Il est temps de se réveiller et d’agir tous ensemble.
C’est pourquoi nos amis du DAL appellent à manifester le samedi 11 octobre à Paris puis à participer aux différentes initiatives de la « caravane contre la crise du logement » qui partira de Pau le 14 octobre pour aboutir à une grande manifestation, de la mairie de Neuilly à l’Élysée, le 26 octobre à 15 heures.
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